Chapitre 2: Déodatus

« Il faut que j’arrête de me fourrer dans ce genre de situation » grommelait Déodatus pour lui-même, sa voix masquée par les échos de leur fuite.


De la sueur mélangée au sang coulant le long de son front, brouillant sa vision et lui brûlant les yeux, Déodatus leva sa main gauche pour l’essuyer, son bras droit toujours enchaîné à Atticus.
« Tu sais, » s’exclama Déodatus au milieu du clapotis de leur leurs pas, « j’aurais pensé qu’ils auraient été un peu plus accommodants depuis que nous avons tué cette chose. Je ne comprend pas pourquoi ils ne peuvent pas juste abandonné et cesser de nous poursuivre »


Atticus grogna en continuant d’avancé, sa main droite pressée contre son flanc, essayant d’endiguer le flot de sang.


Déo détestait les égouts. Surtout l’odeur. N’importe quoi d’autre était tolérable car, après tout, tel qu’il le pensait, on pouvait laver la plupart. Tout sauf l’odeur !! Oh, Mercure, sauve-moi !! l’odeur était vraiment à vous faire rendre votre repas. Toutefois, ce n’était pas le moment de pinaillé quant aux méthodes d’évasion.


Déo sourit intérieurement, repensant à la manière dont ils les avaient conduit ici. Le mieux qu’ils aient tiré de la mort de cette grotesque abomination fut le silence de la foule et l’opportunité qu’il avait fournit. Et que dire de l’expression de ces deux centurions juste avant que sa lame ne les soulagent de la peine d’avoir une tête ? Classique…
Déo riait de leur bonne fortune alors qu’il courrait tout en tirant Atticus à travers le dédale des égouts. La meilleure partie, pourtant, était le regard arrogant de Gaius, certain d’être en sécurité derrière la porte d’entrée verrouillée. Avec la foule toujours assise dans un silence hébété, Déo et Atticus se trouvaient face à leur dernier obstacle—la porte verrouillée menant en dehors de l’arène.
« Tu n’sortiras pas vivant d’ce collisé, vermine ! Toi et le Légat pouvez pourrire pour ce que j’en ais faire !! »


Gaius avait ricané, exhibant ses dents cassées dans un sourire satisfait. Par les sandales de Mercure, combien il avait haïs cette arrogance. L’expression de pouvoir et satisfaction, d’arrogance et d’orgueil, un visage de pure vitriol, et tout cela était dirigé contre Déodatus.
«Tu vas finalement crever et j’vais rire en buvant à Bacchus !! » croassa le geôlier.


Gaius commença à glousser d’un rire gras. Déo pouvait sentir la pestilence de son souffle alors que Gaius cranait dans sa soi-disant position de pouvoir. Déodatus le laissa rire un petit moment de plus avant de laisser la porte précédemment fermer s’ouvrir. Le crissement de l’acier contre l’acier interrompit net le rire de Gaius, sonnant tel une exécution.
Gaius recula
«-Par Pluton, qu’est ce que… ? » cria-t-il à moitié dans un accès de terreur, atterrissant rudement sur son dos, ses bras s’agitant comme une tortue frappée de panique. Déo se tint au dessus de lui, levant sa main. La clé couverte de rouille se balança de manière hypnotique.
«-disons que je l’ais empruntée à un vieil ami durant une petite discussion que nous avons plus tôt aujourd’hui. Il me proposait de m’aider à perdre du poids…en me décapitant »
Il grimaça avant de jeter la clé au sol.


Gaius se retourna et se remit debout, ses jambes graisseuses tremblant d’une peur nouvelle. Déodatus lança sa main libre vers lui et agrippa une poignée entière des cheveux gras de Gaius, le renvoyant au sol.
«-Oooh…ne part pas si vite… » se moqua Déodatus alors qu’il dégainait son épée avec sa main enchaînée
« Je pensais que tu voudrais parler à propos de la manière dont tu pourrais améliorer le moral de la prison !! Je pensais que nous pourrions commencé par la qualité des chambres et du service restaurant !! »
Gaius hurla alors que Déo levait son épée. Une odeur d’urine fraîche commença à se répandre dans l’air ambiant alors que le bras de Déodatus s’armait. Gaius hurlait encore quand Atticus tira sur la chaîne, ramenant en arrière le bras de Déo.


«Non !! » dit-il, «Attache-le ou assomme-le, mais ne le tue pas. Les dieux ne nous pardonneront pas celui-là !! »
Déo sourit alors qu’il se rappelait ce moment. Il ne l’aurait pas tuer de toute manière. Il détestait tuer. De plus, le égouts étaient bien plus faciles à supporter en imaginant Gaius enfermé dans sa propre cellule avec un pantalon fraîchement souillé !!
« C’est encore loin, Déo ? » toussa Atticus.


Déodatus n’était pas certain de la distance qu’ils avaient parcourut dans ces tunnels mais il savait qu’ils n’étaient pas très loin des grilles de fer qui ouvrait juste à coté des docks.
«-C’est juste un peu plus loin, l’ami. Tu tiendras le coup ou je devrais te porter ? » plaisanta Déo.
Atticus sourit faiblement. «-Il gèlera dans l’Hadès avant que tu n’ais à me porter »
Le rire de Déodatus résonna dans les ténèbres alors qu’ils poursuivaient leur route. Il savait qu’Atticus n’avait pas été sérieusement blessé, mais arpenter les égouts n’était certainement pas ce qu’il y avait de meilleur pour sa santé. En fait, Déodatus ne courrait plus raison de ses poursuivants (il était certain de les avoir semé depuis des heures) mais pour amener Atticus dans une place sûre de manière à ce qu’il puisse nettoyer et panser la blessure.


Déodatus revint au présent quand ils tournèrent le coin.
« Là-bas !! c’est là que nous nous dirigeons » pointa Déodatus. Les contours de la grille était presque brouillés par la brillance de la lumière.
«Je ne peux que deviner comment cela se fait que tu connaisses si bien ces égouts » dit Atticus
«Les dieux m’ont guidé »


Atticus s’esclaffa « Et ils ont également jeté cette clé dans ta poche, bien sûr ? »
«Hey, je te l’ais déjà dit : je la tiens d’un ami » Déodatus sourit dans les ténèbres.


La grille libéra facilement le passage sous leurs forces combinées et et il ne fallu pas longtemps avant que Déodatus ne puisse s’orienter.
«-Nous ne sommes pas loin des docks et nous sommes dans une courant d’eau fraîche qui coule à travers les égouts. TU devrais prendre un moment pour nettoyer ta blessure. » dit Déo.
C’était l’opportunité parfaite : la grille donnait sur un mur de pierre et était entouré par de grands arbres et buissons. Assez à couvert et éloigné des rues principales pour que, même si des enfants venaient dans les environs, ils ne seraient pas dérangés.


«Je vais bien, nous devrions plutôt continuer de marcher. Comporte-toi naturellement et trouve un moyen de nous débarrasser de ces chaînes !! » grogna Atticus
Déo lui jeta un regard noir. « Ouais, brillant comme plan. Tu sais, je pense qu’on peut oublier toute la partie concernant « se comporter naturellement ». Je veux dire…sincèrement, qui ne remarquerait pas un grand gaillard plein de sang comme toi enchaîné à un gringalet comme moi se promenant dans les rues, sentant aussi bon qu’un Gaulois mal lavé ? ais-je mentionné la chaîne ? je suis sûr que oui… »
Atticus se contenta de grogner mais il avança quand même dans l’eau fraîche et commença à se nettoyer. Déodatus regarda alors qu’Atticus grimaçait sans jamais émettre un son. Typique des soldats, se dit-il, toujours à essayer d’ignorer leurs corps. Toujours à le pousser dans ses dernières limites…
Déodatus soupira.


Il est peut être idiot, pensa-t-il, mais il m’a sauvé la vie et nous a donné une chance de nous échapper. Bien plus, il a épargné la vie de Gaius et ainsi, m’a épargné des regrets concernant quelque chose que je ne me serais jamais pardonné.


«Quel est le problème, petit ? » grommela Atticus alors qu’il se redressait. « inquiet que je ne sois plus là pour te sortir des ennuis ? »
« Ha !! » s’esclaffa Déodatus « Sûrement pas ! je pensais juste à quel point ce serait pénible d’avoir à transporter ta carcasse grasse et puante si tu venais à mourir . »
«Je m’assurerais donc de ne pas mourir sur toi. Je doute que tu puisse me porter plus d’un ou deux mètres. Reprenons notre route et trouvons un moyen de nous débarrassez de ces chaînes. » dit Atticus
«Nous pouvons forcer le verrou si nous trouvons un forgeron ou même un étable. Ils doivent avoir les outils qu’il faut. » conseilla Déodatus
«Il y a un écurie militaire un peu plus loin. Nous pouvons sûrement y arriver sans attirer l’attention » répondit Atticus
«-Que dirais-tu d’aller plutôt directement au camp des Gaulois pour leur demander de l’aide ? Je me sens plus en sécurité avec les barbares qu’avec les Romains » répondit Déodatus
Atticus le regarda d’un air sévère
«-Ok !! » dit Déodatus sur un air exaspéré « nous allons aux écuries. Au moins je sais que si je dois mourir, tu seras avec moi !! »
«Je ne pense pas que nous irons au même endroit, gamin » plaisanta Atticus alors qu’il ouvrait la marche.
Déodatus rigola pour lui-même alors qu’il trébucha derrière Atticus, le choix étant laissé à la chaîne qui les liait. Ça ne serait pas facile et Déodatus le savait alors qu’ils sortaient de la rivière et traversaient les broussailles.


Du fait de l’éloignement de l’entrée des égouts et de la faible densité de population de la zone, les gens étaient soit encore dans l’arène ou ils étaient descendu vers les docks. Les deux fuyards parvinrent donc à se glisser à travers les rues principales et à s’engouffrer dans l’allée la plus proche. Confiant dans le fait que personne ne regardait, Atticus entama une course légère.
«Au terme de cette allée, nous allons devoir traverser une place assez animée. De là, nous pourrons gagner les écuries en empruntant uniquement des allées et des ruelles secondaires. Avec un peu d’espoir, il n’y aura que des pauvres et des malades dans ces allées. Prions Minerve pour que les gardes ne décident pas de faire le grand nettoyage aujourd’hui » dit Atticus.
Déodatus détestait les «nettoyages». Ils devraient plutôt les appeler «racket» car c’est tout ce que recherchaient les gardes. En principe, ils étaient supposés protéger les rues et les allées contre les troubles mais en fait, c’était plutôt «Donne-nous tout ce que tu as si tu ne veux pas visiter les cellules.». Ce n’était pas un secret : si vous vous retrouviez en prison, vous n’en sortiez jamais, à moins d’être riche ou issu d’un autre milieu que celui des classes inférieures. Déo avait toujours mis un point d’honneur à ce que les gens innocents ne soient pas envoyé en prison. Parfois, cela voulait dire mettre hors d’état de nuire un garde corrompu, parfois, il suffisait de payer de sa propre poche. Toutefois, c’était périlleux pour lui et il espérait contre tout espoir que Mercure l’écoutait quelque part là-haut.
Déo avait reporté son attention sur les environs alors qu’ils approchaient de la fin de l’allée.
«Parfait !! » dit Atticus. « Si nous traversons en plein milieu, nous serons sûrement remarqué. Toutefois, si nous contournons la place et que je te garde à ma gauche, nous devrions être capable de dissimuler la chaîne »
«La caché derrière ton bide, tu veux dire ? »


Atticus soupira. « Un peu de sérieux, s’il te plait. La situation est assez mauvaise sans épée, tes sarcasmes ne nous aiderons pas. Maintenant, tu restes à ma gauche et nous allons contourner la place. Fait semblant de me parler et ne croise le regard de personne. »
Cette partie d’Atticus l’avait toujours énervé. Dans n’importe quel situation, il redevenait le Légat et quand il faisait cela, vous n’en meniez pas large. Aussi Déo se contenta de hocher la tête et ils commencèrent à marcher en parlant de la pluie et du beau temps. Il était presque midi et les gens commençaient à sortir du Collisé. Ses yeux scrutaient la place, ne s’attardant pas trop sur un individu en particulier et pourtant assimilant toutes les informations. Deux gardes étaient accoudés à un étalage de fruit, mangeant quelque chose de frais en discutant avec le propriétaire. Un groupe d’étudiants et leur professeur de philosophie étaient rassemblé autour de diverses statues de divinités au centre de la place. Les gens allaient et venaient, certains sans but, d’autres d’un pas pressé. Deux gardes de plus se tenaient de l’autre coté de la place, attentifs à tout ce qui venait de la rue menant aux docks. Ils surveillaient l’ensemble, vigilants vis à vis du moindre trouble. Leur principal rôle était d’assisté le secteur marchand de Rome. Des enfants courraient en riant bruyamment à travers la place, entrant et sortant des maisons, des allées et des différentes ouvertures donnant sur la zone.
Déodatus et Atticus avaient finalement contourné la place et n’étaient plus qu’à quelques pas de l’entrée de la ruelle. Au fond de son esprit, le jeune voleur continuait d’attendre qu’un des deux gardes hurle quelque chose et se mette à courir d’en leur direction, mais cela n’arriva jamais et, au bout d’un moment, ils étaient en sûreté et descendaient la ruelle en courant. Au plus ils s’enfonçaient dans l’allée, au plus elle devenait peuplée. Les sans-abris, les pauvres et les malades gisaient de part et d’autre ou se promenaient. Ici et là, plusieurs personnes le reconnurent et lui crièrent leurs remerciements. Il se sentait en sécurité ici, conscient qu’il n’y avait pas une seule personne ici pour le dénoncer.
«C’est juste un peu plus loin » dit Atticus alors qu’ils accéléraient l’allure, la chaîne cliquetant entre eux.
«Excellent !! Je ne me souviens pas si je te l’ais dit mais je déteste vraiment cette chai… »
Les mots restèrent en travers de la gorge de Déodatus alors qu’ils tournaient le coin et percutèrent le centurion romain le plus proche, roulant tous les trois le long de l’allée dans une mêlé confuse.
Au début, il sembla à Déo que les cris explosaient ensemble dans un vacarme inaudible et lointain. Lentement, ils se firent plus présents, tout comme le centurion inconscient devant lui alors qu’il réalisait ce qui ce passait réellement.
Déodatus jeta rapidement un coup d’œil à Atticus qui arrivait lentement à la même réalisation.
« Grand nettoyage !! » Hurla Déodatus alors qu’il se relevait d’un bond, tirant Atticus avec lui.
Deux gardes s’approchèrent rapidement d’eux, épées au clair, leur hurlant de s’arrêter. Soudainement, le garde le plus proche s’arrêta, sa face exprimant lentement qu’il comprenait en face de qui il se tenait.
« Par Minerve… » murmura Atticus alors que le garde commençait à hurler.
«Ce sont les criminels ! »
Déo se tourna vers Atticus. « On fuit ? » questionna-t-il à moitié.
« On se bat !! » grommela Atticus alors qu’il ramassait l’épée du soldat inconscient et chargeait le garde encore sous le choc.
Un appel à l’aide presque enfantin parvint à s’échapper des lèvres du soldat avant qu’Atticus, suivit par Déodatus, ne frappe le soldat par surprise. Le visage du soldat prit devint livide alors que son épée percutait le sol et que le sang commença à couler de la blessure créée par l’épée d’Atticus. Déodatus se précipita sur l’épée au sol et ôta l’image de son esprit. Il ne se ferait jamais à l’idée de tuer des gens. Il l’avait fait quand c’était nécessaire mais cela ne rendait pas pour autant la tâche plus facile. Concentré, Déodatus se redressa pour faire face au garde restant…seulement pour voir qu’il avait inversé sa course et qu’il se repliait pour chercher des renforts.
Atticus chercha à le poursuivre mais la chaîne le retint. Atticus se retourna pour adresser à Déodatus un regard enragé.
« Mais qu’est ce que tu fais ? il s’enfuit !! »
Déodatus se redressa rapidement «Il est allé cherché de l’aide. Nous devons fuir. Nous sommes trop près des casernes. »
«On peut l’avoir !! »
«Non !! » Hurla Déodatus. «Pas avant qu’il n’arrive à portée de voix. Nous devons y aller. Maintenant !! »
Déodatus se prépara à courir
«Où allons-nous aller ? nous sommes toujours enchaînés l’un à l’autre ! » résista Atticus.

«Les docks !! je connais un bateau. VITE !! »
Atticus jeta un dernier regard au soldat qui fuyait, hésita un moment avant de s’engager dans une course effrénée aux cotés de Déodatus. Des cris commencèrent à fuser derrière eux alors qu’ils tournaient le con. L’avantage de laissé Atticus prendre la tête devint rapidement apparent à Déodatus quand les individus assez malchanceux pour ne pas dégager le passage étaient éjectés. Pauvres comme riches s’écartèrent quand ils firent irruption sur la place. Les deux gardes précédemment accoudés à un étalage levèrent la tête pour découvrir la cause de ce mouvement de foule.
«Par ici !! »hurla Déodatus en montrant les deux autres gardes présents. « les docks sont juste au delà !! »
Les gardes tirèrent leurs épées en réaction aux cris alors qu’Atticus accélérait. Des soldats commençaient à sortir de l’allée derrière eux et la place était plongée dans la panique. Les étudiants prenaient la fuite, leurs toges volant derrière eux, des gens criaient en courant dans toute les directions. Les gardes de l’étalage étaient à présent derrière eux et leur criaient de s’arrêter.
Déodatus ne put que contemplé avec horreur quand Atticus les mena droit sur les deux gardes gardant l’entrée des docks. Leurs boucliers étaient maintenant dressés devant eux et leurs épées prêtes à frapper. Il nota brièvement le sang qui coulait le long de la blessure d’Atticus. Néanmoins, il fut distrait par le carreau d’arbalète qui passa juste au dessus de sa tête.
« Malédiction ! » jura Déodatus
«Garde la tête baissée !! » hurla Atticus


Déodatus regardait impuissant alors que le temps s’arrêtait autour de lui dans une cohue surnaturelle. Lentement, il se tourna vers les deux soldats face à lui, chacun s’écartant sur les cotés, leurs épées brillant sous le soleil. Et puis, comme par le pouvoir des dieux, ou peut être était-ce juste l’intensité de la situation, il y eut un moment de silence complet, un dernier moment de paix, le calme avant la tempête. Déodatus profita de l’instant pour admirer toute la scène. Puis, aussi vite qu’elle était apparue, la tranquillité fut brisée quand Atticus propulsa Déodatus sur la droite. Le temps s’accéléra et les sons affluaient à ses oreilles alors qu’ils poussaient durement contre le garde le plus proche, l’épée d’Atticus chantant dans l’air matinal.
Une expression de surprise traversa brièvement le visage du soldat de droite alors qu’il parvenait à interposer son bouclier entre lui et la puissante frappe d’Atticus. Le bouclier vibra sous l’impact alors que le soldat levait son épée pour porter son attaque. Sans y penser et avec la rapidité d’une mangouste, Déodatus enfonça sa lame dans l’aisselle du soldat, perçant entre les plaques de l’armure. Un mélange d’horreur et de douleur s’ajouta à la surprise du soldat mortellement blessé quand Atticus l’expédia sur son camarade. Avant que son cerveau n’ait pu analysé ce qui c’était passé, ils couraient à nouveau. Bientôt les docks furent visibles, ainsi que le navire salutaire, amarré là où Déo l’espérait.


«Celui-là !!» hurla Déodatus, pointant son doigt vers un petit vaisseau de transport.
Les gens s’écartèrent alors qu’ils couraient, ceux qui ne le faisaient pas étant simplement éjectés du chemin alors qu’ils franchissaient les derniers mètres de leur course vers la liberté. Des carreaux d’arbalètes frappaient sans discrimination de chaque coté alors que des cris de panique fusaient dans l’air.


«Je suppose qu’ils ne veulent nous laisser partir, hein ? » cria Déodatus
«Je suppose que non, » répondit Atticus


Ils y étaient presque.
20mètres
15mètres, des carreaux frappaient le sol, explosant entre les paniers, les gens et les marchandises.
10mètres, ils y étaient presque
5mètres, les jambes de Déodatus étaient en feu à cause de leur course et il avait l’impression que Vulcain lui-même avait prit résidence dans ses poumons.
2mètres


Atticus et Déodatus sautèrent, s’écrasant au milieu des caisses, des barils et des gens. Des marchandises ainsi que des passagers passèrent par dessus bord alors que Déodatus bondissait sur ses pieds, son épée tranchant les amarres. Le courant rapide du fleuve fit le reste. Des projectiles se plantèrent sur le pont et dans le flanc du navire. Les soldats couvrirent le navire de malédictions et d’insultes alors que Déo s’écroulait à coté d’Atticus, ce dernier saignant abondamment. Le reste de l’équipage hurlait, du grain et divers liquides non-identifiés s’étaient répandus sur le pont du petit vaisseau alors que Déodatus se dirigea vers l’arrière du navire pour jeter un dernier regard au groupe de soldats qui se dispersaient à la sortie des docks.
«Ostie ou Hadès » dit-il sans s’adresser à quelqu’un en particulier
«Ostie ou Hadès » répondit Atticus
Déodatus se retourna vers Atticus mais celui-ci, sous l’effet de la douleur, avait déjà sombré dans l’inconscience.
«Ostie ou Hadès, » murmura-t-il alors qu’un groupe de marins en colère se rassemblait autour d’eux.

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